Recherche |
Un essai de Julien Landfried, éd. Armand Colin, 196 pages, 18 euros, mars 2007
« Contre le communautarisme » de Julien Landfried, aux Editions Armand Colin, Balkans Infos, n°121, mai 2007. Pierre Hillard est notamment l'auteur de Minorités et régionalismes dans l'Europe Fédérale des Régions : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe (éditions Francois-Xavier De Guibert, 2001)
Face aux revendications communautaristes sans cesse croissantes en France, l'ouvrage de Julien Landfried tombe à pic. Ce jeune auteur, directeur de l'Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net), s'est appliqué à expliquer la dérive de notre pays républicain vers des concepts où le principe des minorités ethniques, religieuses et sexuelles fleurit un peu partout. L'auteur part du constat que les principes républicains sont en danger. D'une situation assise depuis 1789 exaltant la nation « une et indivisible », J. Landfried évoque avec raison le « filon communautariste » se substituant aux fondamentaux républicains.
De multiples facteurs entrent en jeu pour expliquer cette décomposition. Tout d'abord, l'auteur souligne la mise à l'honneur des principes ethnicistes parallèlement aux problèmes socio-économiques qui assaillent le pays depuis les années 1970. La « faute » à l'immigré, formule largement utilisée par le Front national, a ciblé une catégorie de personnes, non en fonction de leurs activités, mais en raison de leurs origines. Comme le remarque avec raison J. Landfried, les organisations antiracistes ont combattu ces dérives en masquant aussi les problèmes réels au sein de ces populations : « Cela explique que des questions importantes comme celles de la délinquance juvénile, des mariages forcés ou de la privatisation par des bandes délinquantes de quartiers laissés en jachère économique n'aient pas été abordées pendant des années (…) ».
Ainsi, ces organisations ont empêché un véritable débat sur les problèmes réels qui n'ont fait que croître au profit du Front National. Outre le fait que ces organisations ne représentent même pas l'ensemble de la communauté (ethnique, religieuse ou sexuelle), ce communautarisme a pu prospérer en raison de la déliquescence du politique.
Ce fait est abondamment souligné par J. Landfried qui cite de nombreuses démissions de la classe politique face aux pressions de petits groupes déterminés. Comme le rapporte l'auteur, la réponse républicaine consiste à développer aux antipodes des canons de 1789 la « discrimination positive » ou, plus exactement, « l'action positive ».
Cette dernière débouche sur la nomination de « minorités visibles » comme c'est le cas à la télévision. Cette tendance est due entre autres à l'action, en liaison avec le politique, de l'institut Montaigne ou encore du club Averroès. Ceci fait dire avec justesse de la part de l'auteur : « L'adoption de la discrimination positive comme levier de réallocation des places et des postes porte en elle le germe de la multiplication dynamique des revendications communautaristes ».
Cette transformation du modèle républicain résulte aussi des pressions extérieures, en l'occurrence l'ONU, l'Unesco et l'Union européenne acquises aux principes de l'ethno-régionalisme. Comme le reconnaît clairement J. Landfried, la philosophie en cours au sein de ces organismes est bien éloignée de l'idéal républicain. Face à ce rouleau compresseur, l'auteur estime que la République doit se ressaisir estimant que « Le républicanisme civique pourrait être en mesure de prouver sa robustesse et ses capacités d'adaptation si ses principaux dépositaires lui faisaient honneur plutôt que de le répudier à tout bout de champ ».
Nous nous permettons d'être plutôt réservé en ce domaine en raison de la déliquescence de l'esprit politique chez nos dirigeants. Cette tendance est d'autant plus renforcée que de nombreux prétendus défenseurs de la cause nationale, très souvent, jouent un double jeu avec le système. Cependant, ne boudons pas notre plaisir de lire le premier essai de Julien Landfried qui, par sa qualité, est un véritable coup de maître.
De multiples facteurs entrent en jeu pour expliquer cette décomposition. Tout d'abord, l'auteur souligne la mise à l'honneur des principes ethnicistes parallèlement aux problèmes socio-économiques qui assaillent le pays depuis les années 1970. La « faute » à l'immigré, formule largement utilisée par le Front national, a ciblé une catégorie de personnes, non en fonction de leurs activités, mais en raison de leurs origines. Comme le remarque avec raison J. Landfried, les organisations antiracistes ont combattu ces dérives en masquant aussi les problèmes réels au sein de ces populations : « Cela explique que des questions importantes comme celles de la délinquance juvénile, des mariages forcés ou de la privatisation par des bandes délinquantes de quartiers laissés en jachère économique n'aient pas été abordées pendant des années (…) ».
Ainsi, ces organisations ont empêché un véritable débat sur les problèmes réels qui n'ont fait que croître au profit du Front National. Outre le fait que ces organisations ne représentent même pas l'ensemble de la communauté (ethnique, religieuse ou sexuelle), ce communautarisme a pu prospérer en raison de la déliquescence du politique.
Ce fait est abondamment souligné par J. Landfried qui cite de nombreuses démissions de la classe politique face aux pressions de petits groupes déterminés. Comme le rapporte l'auteur, la réponse républicaine consiste à développer aux antipodes des canons de 1789 la « discrimination positive » ou, plus exactement, « l'action positive ».
Cette dernière débouche sur la nomination de « minorités visibles » comme c'est le cas à la télévision. Cette tendance est due entre autres à l'action, en liaison avec le politique, de l'institut Montaigne ou encore du club Averroès. Ceci fait dire avec justesse de la part de l'auteur : « L'adoption de la discrimination positive comme levier de réallocation des places et des postes porte en elle le germe de la multiplication dynamique des revendications communautaristes ».
Cette transformation du modèle républicain résulte aussi des pressions extérieures, en l'occurrence l'ONU, l'Unesco et l'Union européenne acquises aux principes de l'ethno-régionalisme. Comme le reconnaît clairement J. Landfried, la philosophie en cours au sein de ces organismes est bien éloignée de l'idéal républicain. Face à ce rouleau compresseur, l'auteur estime que la République doit se ressaisir estimant que « Le républicanisme civique pourrait être en mesure de prouver sa robustesse et ses capacités d'adaptation si ses principaux dépositaires lui faisaient honneur plutôt que de le répudier à tout bout de champ ».
Nous nous permettons d'être plutôt réservé en ce domaine en raison de la déliquescence de l'esprit politique chez nos dirigeants. Cette tendance est d'autant plus renforcée que de nombreux prétendus défenseurs de la cause nationale, très souvent, jouent un double jeu avec le système. Cependant, ne boudons pas notre plaisir de lire le premier essai de Julien Landfried qui, par sa qualité, est un véritable coup de maître.
Tags :
pierre hillard
Rédigé par Julien Landfried le Jeudi 03 Mai 2007 à 17:14
Rubriques
Acheter le livre en ligne
Acheter le livre en librairie
Toutes les notes du blog
Portraits
Ecouter les derniers podcasts autour du livre
-
Julien Landfried invité du samedi de l'association RS-CERISE samedi 9 juin à 15h30
05/06/2007 -
Entretien audio avec le site La luette à propos de Contre le communautarisme (partie 2)
24/04/2007 -
Entretien audio avec le site La luette à propos de Contre le communautarisme (partie 1)
24/04/2007 -
Julien Landfried invité de l'émission Questions internationales sur Radio Orient dimanche 11 mars à 11h
11/03/2007 -
Là-bas si j'y suis signale la sortie de Contre le communautarisme
07/03/2007 -
Julien Landfried invité de l'émission Du grain à moudre sur France Culture mercredi 28 février à 17h
28/02/2007
Archives
Les blogs parlent de Contre le communautarisme
-
Julien Landfried : Directeur de l?Observatoire du communautarisme. Auteur de « Contre le...libre-penseur10/12/2007 11:35
-
[2] LANDFRIED J., Contre le communautarisme, Paris, Armand Colin, 2007 (Introduction). [3] BENISTI...issopha27/11/2007 10:31
-
On remarquera également que « Riposte Laïque » fait de la publicité pour « Julien landfried :...inconnu24/11/2007 17:17
-
La laïcité face au communautarisme et à l'ultra-laïcisme Contre le communautarisme, de J....inconnu19/11/2007 19:09
-
Julien Landfried : Contre le communautarisme est un essai de défense critique de la philosophie...JIM06/11/2007 12:44
Observatoire du communautarisme
-
Catherine Kintzler: «la laïcité engage un modèle politique fondé sur un paradoxe : c'est la supposition de la suspension du lien communautaire qui rend possible la formation du lien politique»
Dans cet entretien à l'Observatoire du communautarisme, Catherine Kintzler, professeur de...14/11/2007 21:26 -
Nations concurrentes en France
A propos de la manifestation des indépendantistes catalans du 3 novembre, qui illustre le phénomène...07/11/2007 17:41 -
Auctoritas
Suivons l'étymologie. Le nom vient du verbe latin augere qui signifie augmenter, développer, rendre...04/11/2007 17:15 -
The Commemoration of Slavery in France and the Emergence of a Black Political Consciousness
This article tries to show how a black collective identity and consciousness emerged around the...04/11/2007 16:30 -
La diversité culturelle est une arme
La France avait la notion d'« exception culturelle », pour dire que les biens culturels ne sont pas...01/11/2007 13:20
Mots-clés utilisés sur ce blog
actualité juive
alexis lacroix
amazon
appel d'r
armand colin
bastille république nations
bibliobs
blog
bloggeur
boniface
bouvet
café le croissant
catherine kinztler
cerise
chat
christophe ventura
claude ribbe
communes
coordonnées
corrèze républicaine
cran
crif
débat
dédicaces
denis collin
départements et régions
di costanzo
du grain à moudre
emmanuel maurel
entretien
eric fassin
essai
fête de l'humanité
fondation gabriel péri
force ouvrière
france 24
france culture
grand orient de france
hervé resse
horizons
humanisme
jacques blangy
jean robin
jean-pierre chevènement
jean-yes camus
judéomanie
kepel
kiosque citoyen
l'express
la luette
la sociale
là-bas si j'y suis
laurent bouvet
laurent pinsolle
lci
le monde diplomatique
libre pensée
malakine
marianne
mermet
mezetulle
michel field
note de lecture
nouvel obs
nouvelle action royaliste
novlangue
ouest france
parti pris
patrick lozès
pierre cassen
pierre hillard
polémia
politique autrement
politiquement correct
quatrième de couverture
radio
radio orient
radio vraiment libre
république !
respublica
riposte laïque
roger cukierman
rony brauman
royaliste
sciences-po
sébastien fath
service de presse
soheib bencheikh
sommaire
sortie
south park
sylvain attal
syndicat
table des matières
tarbes
technikart
tony andréani
utopie critique
vidéo
wieviorka
