Le petit âge de glace en Méditerrranée
Thème sous la direction de
J.‑M. Carozza, B. Devillers, N. Marriner,
C. Morhange
Ce numéro de la revue Méditerranée, dédié au petit âge de glace
(PAG) rassemble treize articles de l’Espagne à la Syrie et même
à la mer Caspienne, du Bas-Rhône à la lagune de Venise, des
derniers glaciers résiduels des Balkans à l’Atlas marocain, traitant
des températures, des pluies, des variations du trait de côte, des
modifications géomorphologiques fluviales, des variations du couvert
végétal, des crues et des étiages… Cette richesse traduit à la fois la
diversité des méthodes utilisées par de nombreuses disciplines, la
complexité de la période étudiée ainsi que la diversité des milieux
péri-méditerranéens. Ce volume aborde quatre questions majeures :
- Quelles sont les limites de début et de fin du PAG autour de la
Méditerranée ? Sont-elles identiques à celles proposées pour
l’Europe atlantique ?
- Les manifestations du PAG sont-elles homogènes ou variables
à l’échelle de la Méditerranée ? Si autour du golfe du Lion
les travaux ont montré une tendance à l’augmentation de
l’hydraulicité et aux hivers froids, les données issues de la
péninsule ibérique tendent à souligner, parallèlement à la baisse
des températures, l’augmentation de la sécheresse. Il en va
de même en Méditerranée orientale où le PAG est certes froid
mais sec.
- La rythmicité séculaire interne du PAG telle qu’elle a été définie
en Europe centrale est-elle transposable en Méditerranée et
notamment l’opposition entre une phase précoce (dès la fin
du xiiie siècle) et une phase sévère (débutant au milieu du xvie siècle) ?
- Enfin, la question des effets sur les sociétés des modifications
climatiques liées au PAG doivent être pensé dans le cadre
spécifique des sociétés méditerranéennes où la question de
la gestion de la ressource en eau est un problème récurrent.
Appréhender cette question nécessite de prendre des précautions
car la coïncidence chronologique ne saurait assurer en rien un lien
causal. Le climat ne fait pas l’Histoire, mais il peut contribuer aux
dynamiques sociales et d’innovation en favorisant l’adoption de
pratiques, de règlements ou de techniques. Si l’exacerbation des
irrégularités hydrologiques et du détritisme ont eu un rôle négatif
dans les zones d’altitudes et sur les milieux urbains confrontés
à une aggravation de l’aléa, il n’est pas sûr qu’il en soit de
même dans toutes les basses plaines agricoles avec les « terres
nouvelles » gagnées sur la mer et les fleuves.
Il reste encore difficile de se faire une idée précise de l’évolution
climatique au cours du PAG à l’échelle régionale, de sa variabilité
spatiale et chronologique. La première raison en est l’hétérogénéité
spatiale des sources documentaires. Si l’opposition entre données
de la Méditerranée de l’Ouest et de l’Est reste encore prégnante,
cette différence tend à se combler. De la lecture de ces articles, se
dégage toutefois une Méditerranée amputée de sa rive sud et donc
une image nécessairement incomplète du PAG.
2014-1
Revue semestrielle 21 x 29,7 cm – 218 p.
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